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Notre point de vue

Les régimes sans gluten pourraient présenter des risques pour la santé

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Les consommateurs associeraient souvent les régimes sans gluten à une bonne santé et un mode de vie sain. Pour certains, ces régimes peuvent être assimilés à une perte de poids. Aussi, près de 26% de la population mondiale aurait suivi en 2016 un régime sans gluten comme régime de confort, sans justification médicale. [1]

Les dernières enquêtes de consommation [2] révèlent que près de la moitié des Français déclarent exclure strictement le gluten de leur alimentation pour «rester en forme», bien que la grande majorité d’entre eux ne soient pas atteintes des maladies liées au gluten.

Pourtant, le Fond Français pour l’Alimentation et la Santé (FFAS) indique que les régimes d’exclusion du gluten, sans raison médicale, « peuvent présenter des risques de déséquilibres alimentaires ». [3] Outre un risque de déséquilibre nutritionnel, le régime sans gluten pourrait également augmenter le risque de maladies cardio-vasculaires et de diabète de type II.

Le régime sans gluten peut conduire à des déséquilibres nutritionnels

Le régime sans gluten est très contraignant, pour autant, les personnes déclarant suivre ce régime d’exclusion aspirent à conserver leurs habitudes alimentaires. Aussi, ces personnes s’orientent vers une gamme de produits sans gluten qui miment les caractéristiques de leurs homologues avec gluten. Cependant, ce changement n’est pas anodin. Si ces produits sont ressemblants, ils ne sont pas pour autant équivalents nutritionnellement. Ainsi, d’après une étude australienne comparant les informations nutritionnelles en supermarché, le pain sans gluten y serait plus énergétique, plus riche en glucides et plus gras que du pain « classique ». [4] L’adoption d’un régime sans gluten pourrait donc conduire à des déséquilibres nutritionnels si celui-ci n’est pas bien encadré et suivi. [5]

Le régime sans gluten pourrait entraîner des risques accrus de pathologies

Le suivi d’un régime sans gluten pourrait aussi conduire à un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires et de diabète de type II. En effet, l’exclusion du gluten a pour conséquence une consommation moindre de produits contenant des céréales complètes. Or, celles-ci représentent un apport de fibres non négligeable pour une population française largement déficitaire en ce macronutriment (la consommation française est de 19,6 g/j [6] contre les 30 g/jour recommandées par les instances de santé). Les fibres ayant la particularité d’avoir un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires et le diabète de type II, le recours à un régime sans gluten pourrait ainsi constituer un facteur de risque de ces maladies. [7] Il pourrait aussi exister un lien entre une consommation accrue de pâtes sans gluten et l’augmentation du risque de diabète II. Effectivement, les pâtes sans gluten présentent un indice glycémique (IG) plus élevé que les pâtes de blé dur (67 contre 55) et la consommation d’aliments à fort IG est un possible facteur de risque du diabète de type II. [8] Cependant, si des études pointent du doigt les risques potentiels des aliments sans gluten, il faut garder à l’esprit qu’ils sont à intégrer au sein d’un régime alimentaire global, et qu’une alimentation saine par ailleurs permet de diminuer les risques de développer les pathologies décrites précédemment.

En résumé :

Certaines idées reçues autour du « sans gluten » persistent et véhiculent encore aujourd’hui une image de bonne santé, d’un mode de vie sain et de minceur. Cependant, à la lumière des travaux scientifiques, adopter un régime sans gluten, sans raison médicale, ne serait pas si profitable et exposerait même les personnes un à un risque nutritionnel et pathologique plus élevé.

Ces récentes données viennent renforcer la recommandation des professionnels de santé de ne pas entamer un régime sans gluten strict avant un diagnostic médical professionnel, c’est à dire sans raison médicale avérée.

[1] : Nielsen (2016), Global ingredient and out-of-home dining trends report
[2] : Comportements et consommations alimentaires en France 2013-2016, CREDOC
[3] : Le Gluten, État des lieux du FFAS, Novembre 2016, http://alimentation-sante.org/wp-content/uploads/2016/11/2016__EtatDesLieux-GlutenWeb_Pages-1.pdf
[4] : Wu, Jason H. Y., Bruce Neal, Helen Trevena, Michelle Crino, Wendy Stuart-Smith, Kim Faulkner-Hogg, Jimmy Chun Yu Louie, et Elizabeth Dunford. 2015. « Are Gluten-Free Foods Healthier than Non-Gluten-Free Foods? An Evaluation of Supermarket Products in Australia ». The British Journal of Nutrition, juin, 1‑7. doi:10.1017/S0007114515002056.
[5] : Miranda, J., A. Lasa, M. A. Bustamante, I. Churruca, et E. Simon. 2014. « Nutritional Differences Between a Gluten-Free Diet and a Diet Containing Equivalent Products with Gluten ». Plant Foods for Human Nutrition 69 (2): 182‑87. doi:10.1007/s11130-014-0410-4.
[6] : INCA 3 : Evolution des habitudes et modes de consommation, de nouveaux enjeux en matière de sécurité sanitaire et de nutrition, ANSES, Juin 2017, https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2014SA0234Ra.pdf

[7]: « Low Gluten Diets May Be Associated with Higher Risk of Type 2 Diabetes. » American Heart Association, http://newsroom.heart.org/news/low-gluten-diets-may-be-associated-with-higher-risk-of-type-2-diabetes?preview=ee39.
[8]: Foster-Powell, Kaye, Susanna H. A. Holt, et Janette C. Brand-Miller. 2002. « International Table of Glycemic Index and Glycemic Load Values: 2002 ». The American Journal of Clinical Nutrition 76 (1): 5‑56.

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